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Gaël Dufrène2020-03-11T22:36:28+01:00

Project Description

Gaël Dufrène est né en 1971 et vit en Bretagne. Il a développé depuis l’enfance une passion pour les trains et l’ensemble des équipements ferroviaires. Il parcourt la France, comme un journaliste mène l’enquête, de gare en bibliothèques et musées spécialisés.
Après un baccalauréat en mécanique, il commence à accumuler des connaissances dans des cahiers qu’il illustre abondamment. Il se donne pour mission de retracer l’histoire ferroviaire mondiale. Plus les machines sont importantes et complexes, plus elles l’inspirent. Il travaille exclusivement sur papier avec un souci constant de précision et se dit fasciné par ce monde de boulons, d’essieux et de métal… Il édite régulièrement un bulletin d’informations qu’il adresse à ses proches. Si son travail prend sa source dans le dessin technique, il livre une oeuvre poétique unique.
En 2017, ses œuvres ont été acquises par la collection Treger-Saint Sylvestre (Portugal). En 2018, La Collection de l’Art brut de Lausanne (Suisse) a acquis un très bel ensemble de dessins. Pour fêter cet événement deux galeries l’ont exposé à Paris, la galerie Hervé Courtaigne et la galerie La Fabuloserie qui lui a consacré une exposition solo. Le fonds de dotation #ArtSansExclusion également fait l’acquisition d’un nombre important de dessins en 2017 et 2018.

Gaël Dufrène par lui-même

Je suis né en 1971 et je suis mécanicien. Je ne me sens pas artiste, car j’ai toujours eu de la curiosité scientifique. Par exemple, comment fabrique-t-on une casserole ou comment usine-t-on une roue dentée ? J’ai toujours aimé les machines très encombrantes comme les Diesels de plus de cinq-cent tonnes – ça existe! Dès l’âge de 14 ans, j’ai décidé de faire de l’ingénierie mécanique. C’est seulement bien après une difficile formation au niveau bac + 3 que j’ai appris que j’avais le syndrome d’H.Asperger, à 32 ans. C’est à dire que je suis un autiste qui vit presque normalement. J’ai le permis de conduire, mon propre logement, et je lis en deux langues.

Je n’ai jamais pu travailler comme salarié dans l’industrie. Alors pour passer le temps, dans des cahiers et des classeurs, j’écris à la main tout ce que j’ai appris dans ma vie sur plusieurs milliers de pages. J’appelle ça « mes notes ». Ces notes sont en grande partie des maths, de la mécanique et de l’électromécanique. Pour illustrer tout cela, j’ai fabriqué près de mille dessins qui sont des documents – pas des œuvres d’art – en deux ou trois dimensions. Ces documents exigent beaucoup de rigueur scientifique et de détails pour être lisible par des passionnés.

Je choisis le sujet de mes dessins en fonctions de caractéristiques technologiques. Telle locomotive à vapeur est à triple expansion, tel moteur a une injection Kugelfischer, ou tel tour possède une tourelle revolver… On est très loin du monde de l’art!… Mettre une pompe à tel endroit pour faire joli est interdit sur mes dessins.

A partir d’internet ou de mes livres, je réunis des données techniques, des plans & des photos. Puis je fais des croquis des parties du moteur. Bien que souvent le moteur existe, il n’y a pas de modèle. Avec mon syndrome d’H.Asperger je possède une vision spatiale qui me permet de découper un moteur de tête. Et même de découper une locomotive entière…Ma vision est un peu comme un logiciel d’ordinateur et ma main n’est qu’une imprimante de mon cerveau. Je me vois comme une personne qui a un don avec cette vision spatiale plutôt que comme un handicapé.

Gaël
Dufrène

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